Nous arrivons dans le parc national de Salla sous des températures franchement saisissantes. La nuit est descendue autour de -25°C, avec un ressenti avoisinant les -34°C. Autant dire que le camping-car devient notre meilleur allié, bien au chaud, pendant que dehors l’hiver impose clairement ses règles.
Le lendemain matin, malgré le froid encore bien présent (toujours en dessous des -20°C), je décide de partir explorer le parc. Entre Lou qui est un peu fatiguée et fait de nouvelles dents et les conditions bien piquantes, on fait le choix que je parte seule, accompagnée de Phao, pour une balade d’environ 4 km aller-retour.
Le parc national de Salla, situé à l’est de la Laponie finlandaise, est souvent décrit comme l’un des derniers grands espaces vraiment sauvages d’Europe. Ici, pas de grandes infrastructures, pas de foule : des forêts boréales, des collines arrondies, des sapins ployant sous la neige et une sensation très forte d’isolement. Un parc brut, discret, presque austère… et c’est exactement ce qui fait tout son charme.
La montée commence doucement, en direction d’une tour d’observation. Plus on avance, plus le paysage se transforme. Les sapins deviennent de plus en plus blancs, chargés de neige et de givre. Le silence est total. Un silence profond, presque assourdissant, qui apaise instantanément. On a vraiment cette impression d’être seuls au monde, comme si tout s’était figé autour de nous.
Chaque pas nous plonge un peu plus dans cette atmosphère irréelle. Tout est blanc. Le sol, les arbres, l’air semble presque immobile. C’est une sensation difficile à décrire, mais profondément marquante : un mélange de plénitude, de calme absolu, et de respect face à une nature aussi dure que magnifique.
En arrivant près du sommet, la forêt s’ouvre légèrement. Le brouillard est bien présent, ce qui nous prive de la vue panoramique, mais l’ambiance est saisissante. Le vent est glacial, mordant. En quelques minutes à peine, Phao devient tout blanc, couvert de givre, et moi aussi. Mes cheveux sont figés par le froid, mes cils blanchissent… un mascara 100 % naturel version Laponie.
On ne s’attarde pas trop là-haut. Le froid est intense. Dès que l’on redescend et que l’on retrouve la protection de la forêt, tout devient immédiatement plus supportable. La descente se fait dans le même calme, avec ce sentiment profond d’avoir vécu quelque chose de simple, mais incroyablement fort.
Cette balade à Salla restera un souvenir magique. Une parenthèse hors du temps, brute, silencieuse, presque méditative. Une de ces expériences qui rappellent pourquoi on est venu jusqu’ici. Une très belle façon de clôturer cette année 2025, dans le froid, le silence et la beauté pure de la Laponie 🤍































































