Nous prenons la route vers Matsdal, un petit village niché dans la vallée, connu pour son cadre paisible et ses paysages de carte postale. La route elle-même vaut le détour : montagnes, forêts et rivières s’entremêlent dans un décor toujours plus beau à chaque virage. Il n’y a pas vraiment d’endroit prévu pour s’arrêter, mais c’est presque mieux ainsi : on profite de la vue en roulant, avec ce sentiment d’être seuls au monde.
Au retour, je repère quelques pieds de mouton depuis la route. Guillaume se gare rapidement et je file pour une cueillette express : 1,6 kg en 5 minutes top chrono ! Je remonte vite au camping-car, pas l’endroit le plus serein pour traîner, un peu frustrée malgré tout, car j’en voyais absolument partout autour de moi.
Heureusement, quelques kilomètres plus loin, nous tombons sur une petite réserve naturelle avec un minuscule parking. Cette fois, on part tous ensemble tenter notre chance. Mission réussie : le sac se remplit à vue d’œil et nous rentrons fièrement avec près de 4,5 kg de pieds de mouton. La soirée est consacrée au nettoyage et à la préparation de notre récolte. J’étais un peu sceptique, car les deux premières fois je n’avais pas été totalement convaincue par leur goût. Mais cette fois, changement de stratégie : retrait des picots, blanchis deux minutes, puis revenu à la poêle avec de l’huile. Verdict le lendemain, accompagnés de nouilles de riz à la crème : une merveille ! Ouf, nous voilà réconciliés avec ce champignon.
Sur le chemin, nous passons également à côté d’une exploitation sámi et découvrons, au pied d’un bâtiment, un immense tas de bois de rennes. Forcément, la tentation est grande quand on pense au temps qu’on passe à en chercher. Mais au-delà du respect du travail des Saamis, la vraie magie réside dans le fait de tomber soi-même sur ces trésors au hasard d’une balade. Ce qui nous surprend en revanche, c’est la confiance avec laquelle ils laissent ces bois en pleine nature, à portée de tous, quand on sait combien certains peuvent manquer de respect…









