Luleå

Nous arrivons au camping de Luleå, où notre dimanche sera placé sous le signe du repos. Après tous nos soucis de chauffage, la fatigue commence clairement à se faire sentir. On est un peu claqués, moralement et physiquement. Une seule envie : ne rien faire, se poser, souffler. Mission accomplie. Une journée entière au calme, à récupérer, avant de retourner au garage le lundi matin à 9h. De bonne heure… et de bonne humeur, ou presque.

Résultat : journée entière au garage. Tests, discussions, appels avec Truma, hypothèses en tous genres. Après de premiers essais où ils pensaient à un souci d’arrivée de gasoil, le verdict tombe : tout le bloc d’allumage serait HS (brûleur, bougies, etc.). Il est commandé, livraison espérée pour jeudi ou vendredi. On croise très fort les doigts.

On rentre donc au camping, prêts à passer une soirée tranquille bien méritée après cette journée interminable. Mais évidemment… rien ne se passe jamais comme prévu.

On se dit qu’on va lancer le chauffage électrique et partir se balader un peu avec les chiens. Une demi-heure plus tard, en rentrant… odeur de cramé… On se regarde, on comprend tout de suite que quelque chose ne va pas. Le convertisseur est en train de prendre feu. Littéralement.

Les galères continuent. Plus de chauffage électrique. Plus de chauffage gasoil. Heureusement, on a encore des chauffages d’appoint, ce qui nous permet de bricoler un système de secours en contournant complètement l’installation du camping-car.

Le lendemain, rebelote : retour au garage. Ils nous refont un branchement plus propre et, surtout, nous expliquent ce qui s’est passé. Lors de l’installation électrique initiale, tout passait par le convertisseur, ce qui ne posait aucun souci tant qu’on était sur un chauffage gaz. Mais en passant sur un chauffage gasoil + électrique, le réseau aurait dû être entièrement revu. Sauf que… ça n’a jamais été fait. Résultat : surcharge électrique, danger réel, avec un risque d’incendie, voire pire.

Clairement, on est passés pas loin de la catastrophe. À ce stade, le bilan est simple : plus de convertisseur, plus de chauffage principal, plus rien. Heureusement, le garage remet l’électricité d’aplomb, ce qui nous permet au moins d’utiliser le chauffage électrique… et notre petit chauffage d’appoint.

Enfin… petit chauffage d’appoint qui, lui aussi, décide de rendre l’âme. Dix ans de bons et loyaux services, mais le sort s’acharne. Direction le magasin pour en racheter un nouveau.

On reste donc quelques jours au camping en attendant la fameuse pièce. Le rythme est calme : popcorn, machines à laver, petites balades. On croise même des rennes trop choupis, dans un petit enclos (rien de sauvage ici), mais franchement, ça met du baume au cœur.

Jeudi arrive, toujours aucune nouvelle du garage. On commence à s’inquiéter, surtout que le froid annoncé devient de plus en plus sérieux. Et puis, vendredi matin, réveil à -16°C. Et là, enfin, le garage appelle : la pièce est arrivée.

Ni une ni deux, on s’habille, on fonce.

Montage, essais… premier test concluant. Tout fonctionne. Soulagement total. On se regarde : ça y est, c’est fini. Et puis… bim. Montagnes russes. Ça pétarade dans tous les sens, ça s’allume, ça s’embale, ça s’arrête…

On passe encore toute la journée au garage. En fin de journée, ça fonctionne à peu près, mais il reste des comportements étranges. Truma ne répond pas. Il faudra patienter jusqu’à la semaine prochaine. En attendant, on reste dans le coin.

On passe donc encore le week-end à Luleå, et on s’offre une petite parenthèse plaisir : notre premier Julbord (buffet de Noël suédois). Clairement pas donné (environ 100€ par adulte) mais franchement, ça fait un bien fou. Saumon, charcuterie, plats chauds, desserts… beaucoup de choix, très bon, et pour une soirée, on s’est presque réconciliés avec la nourriture suédoise.

Guigui, lui, fait sa petite folie personnelle : il déchire carrément son gant. Comment ? Mystère. Sortie des chiens, ramassage de caca, traction surprise, séance photo improvisée par des touristes chinois… les forces étaient manifestement mal alignées ce jour-là. Je vous laisse reconstituer la scène.

Entre deux galères, on continue quand même à profiter : petites balades, premier bonhomme de neige, batailles improvisées, plongeons dans la poudreuse. On essaie de ne pas se laisser abattre. Le chauffage fonctionne plus ou moins, on attend toujours des nouvelles de Truma, et même si la lassitude commence à s’installer, on garde le cap. Mais soyons honnêtes : à ce stade, on a surtout une énorme envie de partir de Luleå.

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